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Vendredi 2 septembre 2005

Au Royaume des Melons, des Pastèques et des Tomates, tout le monde était rond et tout allait pour le mieux.

Mais un jour les Pastèques se mirent à maigrir. Zézé, le géant qui plantait et récoltait les fruits et légumes, ne savait que faire : personne ne veut de pastèques maigres !

Son fils, P’tit Mimi lui demanda :

- Que se passe-t-il papa ?

-Vois ! La reine des Pastèques fait le régime et toutes les Pastèques font comme elle.

-Pourquoi fait-elle le régime ?

-Parce que le Prince de la pluie, son amoureux, est parti. Elle pense qu’il reviendra si elle est à la mode comme les actrices de cinéma : menue, menue.

 

P’tit Mimi se gratta le crâne, qu’il avait rond comme une balle, et roula jusqu’à la roubine.

-Roubine, Roubine ! Mène-moi jusqu’au Prince de la pluie !

-Je ne sais pas où il est. Mais monte sur mon dos, nous demanderons à la rivière, ma mère.

Ils roulèrent Dïn Dïn, glissèrent Vloup Vloup, cahotèrent Chhh Chhh, jusqu’à la rivière.

-Rivière, rivière ! Mène-moi jusqu’au Prince de la pluie !

La rivière ne savait pas non plus où se trouvait le prince de la pluie, mais elle porta P’tit Mimi jusqu’au fleuve, qui le porta lui-même jusqu’à la mer où il se jetait.

-Mère Méditerranée, mère Méditerranée ! Mène-moi jusqu’au Prince de la pluie !

La mer sourit. Elle savait où se trouvait le Prince de la pluie.

-Le Prince de la pluie est exilé sur une très haute montagne. Grimpe dans ma chevelure, je te déposerai au pied de cette montagne.

Et ainsi fut fait.

 

Comment gravir une montagne quand on est rond comme une balle ?

P’tit Mimi essaya une première fois. A mi-pente, il bascula sur les fesses et redescendit en roulant jusqu’en bas. Il essaya une deuxième fois, il essaya une troisième fois. Toujours pas.

-J’ai besoin d’aide ! Cria-t-il sans savoir à qui s’adresser.

C’est alors que le vent se mit à souffler et poussa P’tit Mimi qui roula jusqu’au sommet.

-Prince de la pluie, venez à mon secours ! Supplia P’tit Mimi.

-Qui me demande de l’aide ? Répondit le Prince de la pluie.

Quand il eût raconté son histoire, le prince releva ses sourcils, qu’il avait nuageux, et une pluie fine se mit à tomber.

-Ainsi, la reine aime être auprès de moi ?

-Elle ne peut vivre sans vous, exagéra à peine P’tit Mimi.

--Malheureusement, je suis parti parce que j’ai perdu le duel contre le Chevalier des Anticyclones… mais je vais m’entraîner dur, et je reviendrai l’année prochaine !

-L’année prochaine ! Si vous n’êtes pas revenu d’ici une semaine, la reine sera morte : elle ne se nourrit plus !

-Ciel ! Que puis-je faire ! Le Chevalier monte le vent et je ne peux rien contre son bouclier d’Anticyclones ! Quand je suis ici sur la montagne, ma pluie devient glace, et je parviens à lui résister, en le bombardant de glaçons. Mais le Royaume des Melons des Pastèques et des Tomates est plat comme une assiette ! Il y fait trop chaud pour que la pluie devienne de la glace…

-J’ai une idée ! S’exclama P’tit Mimi. Plus tu montes en altitude, vers le ciel, et plus il fait froid, n’est-ce pas ?

-Oui, plus on monte et plus il fait froid.

-Et si quelqu’un te lançait en l’air, très vite et très fort, ta pluie se transformerait en glace et quand tu redescendrais tu aurais de la glace pour combattre le chevalier ?

-Je ne suis pas sûr de comprendre… me lancer en l’air, en l’air j’ai de la glace… Mais d’abord qui serait assez fort pour me lancer en l’air ?

-Mon père est un géant. Il serait assez fort pour te lancer jusqu’à la lune si tu lui demandes !

 

Le Prince de la pluie et le fils du géant prirent le chemin du retour et en un clin d’œil ils furent aux Portes du Royaume des Melons, des Pastèques et des Tomates. Les fruits et légumes devinrent tout joyeux quand ils les virent approcher, car le nouveau souverain, le Chevalier des Anticyclones, avait imposé à tous de faire le régime. C’était la diète générale.

Le Chevalier des Anticyclones cria au Prince de la pluie :

-La raclée que je t’ai donnée la dernière fois ne t’a pas suffit ! Je viens t’écraser à nouveau !

-Attends un peu, tu vas être surpris, répondit le prince.

Zézé le géant, qui les attendait, saisit alors le prince et le lança en l’air. Il disparut à la vue de tous.

-Pourvu qu’il ne l’ait pas envoyé jusqu’à la lune ! gémit Mimi.

-Me voici ! Cria le prince, en redescendant à toute allure.

Avant même de toucher le sol il envoyait vers le chevalier des Anticyclones plus de mille glaçons, gros comme des ballons et durs comme des pierres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-Des grêlons ! Dit gaiement P’tit Mimi.

La pluie devient glace et quand elle tombe sur le bouclier, elle est comme la pierre. Quand elle tombe sur le sol, elle devient verglas, et le Chevalier des Anticyclones glisse, tombe et perd son bouclier. Le Prince de la pluie en profite pour lui infliger une pluie redoutable, et le chevalier s’enfuit.

 

Un carrosse rond comme un melon s’arrête devant le prince. La reine des pastèques en descend.

-Prince ! Mon prince ! Ne partez plus jamais !

Le prince se mit à genoux et lui chuchota quelque chose que personne, pas même le fils d’un géant n’entendit.

 

Quelques jours plus tard, le Prince de la pluie et la reine des Pastèques se marièrent. Le prince, qui était donc devenu roi, demanda à sa reine :

-Allez-vous redevenir ronde ?

Elle lui répondit oui et tout alla toujours pour le mieux au Royaume des Melons, des Pastèques et des Tomates.

 

 

 
Par Flo - Publié dans : contes-et-nouvelles
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